Lancement du dixième numéro de la revue Initiales consacré
à Maria Montessori

 

Mercredi 22 novembre 2017 à 19h15
Librairie Le Bal des ardents 17 rue Neuve 69001 Lyon

 

Avec Emmanuel Tibloux, directeur de la rédaction et de la publication ;
Vincent Romagny, commissaire d’exposition, critique d’art et éditeur, rédacteur en chef associé au numéro ; 
Maxime Delavet et Laurent Peteuil, designers graphiques

 

 

APERCU DU SOMMAIRE 

 

 

 


La revue d’art et de recherche Initiales, éditée par l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, publie son dixième numéro à l’automne 2017. Pour célébrer cette livraison anniversaire, c’est à une figure majeure de l’histoire de la pédagogie, Maria Montessori, que cette revue d’école rend hommage.

Née en 1870 dans les Marches en Italie, médecin, pédagogue et féministe, Maria Montessori a ouvert la voie à des méthodes pédagogiques alternatives. Depuis la création de sa première Casa dei Bambini dans un quartier populaire de Rome en 1907, plus de 20'000 écoles Montessori ont essaimé dans le monde entier, qui, à leur tour, ont engendré quantité de modèles  alternatifs - les méthodes Freinet, Steiner-Waldorf, Decroly - et autant de tentatives de revisiter les modalités de la transmission.

Plus qu’un hommage à une figure dont le patronyme excède aujourd’hui largement le périmètre biographique, ce dixième numéro sera surtout l’occasion d’aborder la question des relations entre art et pédagogie, l’histoire de l’enseignement des arts, la pédagogie comme art et encore ce que d’aucuns ont récemment appelé l’educational turn appliqué au champ de l’art.  

La transmission est au cœur du projet de la revue Initiales, qui fait des artistes, théoriciens, écrivains ou critiques qu’elle réunit des passeurs et des traducteurs permettant à des théories ou des productions anciennes, oubliées ou peu visitées dans le champ de l’art, d’arriver jusqu’à nous parfaitement intactes ou volontairement déformées par le faisceau fertile du contemporain.

Parmi les nombreux contributeurs de ce numéro, l’on comptera les spécialistes des sciences de l’éducation Philippe Meirieu ou Marcus Reiss, la philosophe Geneviève Fraisse, l'historienne Rozenn Canevet, ou le chercheur Vincent Romagny, enseignant à l’Ensba Lyon, chercheur et commissaire d'expositions dédiées au motif des aires de jeu et qui intervient ici au titre de rédacteur en chef associé. Et encore l’historien de l’art Camille Pageard, les commissaires et théoriciens François Piron et Guillaume Désanges à qui l’on doit une exposition récente sur la contre-culture française des années 1970 et 1980 dans laquelle ils consacrèrent une section entière aux pédagogies alternatives ; le metteur en scène Philippe Quesne ou de nombreux artistes : Pierre Joseph, Eric Baudelaire, Boris Achour, Camila Oliveira Fairclough, Jasper Spicero, Kirsten Murphy...

Design graphique de ce numéro : Maxime Delavet et Laurent Peteuil
Co-rédacteur en chef : Vincent Romagny

À paraître en novembre 2017
22,5 x 30 cm (broché) / 128 pages (ill. coul. et n&b) / 15 € / ISBN : 978-2-915213-29-4

 

 

 

« Les revues sont l'un des muscles de la littérature... J'espère que l'histoire des revues va se poursuivre... Si les revues disparaissent, la littérature disparaît » Liliane Giraudon

 

par Catherine Goffaux

 

Inviter Liliane Giraudon et les rédacteurs de faire part, la revue qui lui consacre un numéro  36-37 de presque 300 pages, au Bal des Ardents, le jeudi 26 octobre, c'était faire coup double : découvrir ce numéro de faire part et entendre évoquer Banana Split

L'œuvre de Liliane Giraudon est chercheuse, protéiforme, nomade. Ses livres inclassables (Les Animaux font toujours l'amour de la même manière, Greffe de spectres, Le Garçon Cousu, L'Omelette rouge, Parking des filles, Pallaksch, Les Pénétrables, Fur, L’Amour est plus froid que le lac, pour citer des titres publiés chez POL) et les revues qu'elles a créées ou auxquelles elle a contribué (Banana Split, La Nouvelle BS, Le Comptoir de la Nouvelle BS, Impressions du Sud, Action poétique, If, La Gazette des jockeys camouflés) composent un « atelier permanent » dans lequel s’inventent les formes de la littérature d’aujourd’hui.

Jeudi 26 octobre, au Bal des ardents, Liliane Giraudon était accompagnée des quatre membres du comité de rédaction : Alain Chanéac, Jean Gabriel Cosculluela, Alain Coste, Christian Arthaud, ceux-là même qui l'ont convaincue en descendant à Marseille avec une boîte de marrons glacés de construire un dossier sur son oeuvre. Dans la salle, se trouvaient Édith Azam, Frédérique Guétat-Liviani et Éric Houser, contributeurs de ce numéro.

L'ambition de faire part, au moment de sa création, en 1977, était de publier de jeunes auteurs. Après une interruption pendant quelques années et depuis un numéro consacré à Georges Perec, faire part publie désormais des dossiers monographiques. Dans le désordre : Bernard Vargaftig, Bernard Noël, Change et Jean-Pierre Faye, Henri Meschonnic, Caroline Sagot-Duvauroux, Jean-Marc Bailliez, Nicolas Pesquès, Patrick Beurard-Valdoye... mais aussi Jean-Marie Gleize, Jean-Michel Maulpoix, Jacques Dupin. Également un numéro sur la Grotte Chauvet avec écrivains, peintres, cinéastes, scientifiques. Les jeunes auteurs des débuts de la revue sont devenus des poètes plus connus. Pas « d'école » particulière pour les poètes retenus en vue d'un dossier, ce sont seulement des auteurs « qui leur plaisent », et qu'ils s'efforcent « d'accompagner » en entrant dans la logique de chacun. 

 

 

Le dossier « Liliane Giraudon », « c'est un numéro qui déplace un peu la revue, un numéro ouvert, une aventure », traversée par l'art, le théâtre, la radio, la vidéo, la politique, le féminisme, la question de la traduction. Un numéro à son image. Un peu comme un atelier de revue, une revue in progress. C'est « une creative method accidentée » où certaines études « se coltinent vraiment avec sa langue » selon Jean-Gabriel Cosculuella.

Au « bon qu'à ça » de Samuel Beckett, Liliane Giraudon préfère le « essayer faire » du même Beckett, qui s'écrit sans virgule et ne tient pas la route syntaxiquement, « c'est un mot d'ordre : que fait-on quand on fait un livre, quand on fait une revue ? », a-t-elle demandé. Elle s'est félicitée d'être « avec des gens [qu'elle] aime, de bons écrivains, de bons poètes » et du fait que « quelque chose de [son] travail avec faire part, un travail très mobile, s'est déposé sur [son] travail d'écriture ».

Elle s'est félicitée aussi d'être, après Caroline Sagot-Duvauroux, la deuxième femme à faire l'objet d'un dossier, mais, « c'est quand même un peu tard », normal : « la poésie française est l'une des plus misogynes du monde ». 

Avec ses complices, elle s'est livrée à la lecture de l'entretien « Écriredessiner » réalisé par Xavier Girard et reproduit dans le numéro (si le titre de cet entretien est en un seul mot, c'est que Liliane Giraudon dessine autant qu'elle écrit).

Puis elle nous a raconté Banana Split. Quand, avec Jean-Jacques Viton, elle a créé en 1980 Banana Split, cette « espèce de fanzine », Joseph Gugliemi les a défiés, « un titre pareil, le nom stupide d'un dessert internationalement connu, vous n'aurez pas ce culot ». Au début, c'était « à la sauvage », puis ça s'est embourgeoisé, « chic, dans le genre pourri ». Ils ont décidé que la revue ne durerait que 10 ans, et se sont arrêtés au numéro 27 en 1990. « L'objectif était de publier les textes tels qu'ils arrivaient », « les auteurs invités intervenaient librement sur des pages 'pré-maquettées' avec des cadres noirs et ensuite photocopiées », « tout ça était tapé à la machine », ou écrit directement à la main, « on pillait le laboratoire de neurophysiologie du CNRS où Jean-Jacques travaillait à Marseille », « on faisait la mise en page à la main, avec des Letraset, il y avait énormément de jeux graphiques, on imprimait, on collait dans des conditions pas du tout héroïques », « on donnait l'adresse de l'auteur de manière qu'un contact entre auteurs et lecteurs soit possible ». Liliane Giraudon et Jean-Jacques Viton se méfiaient de la petite édition chic, sur papier blanc « aussi épais qu'un tournedos », et de la poésie tout aussi blanche, « comme la béchamel ». Et Liliane Giraudon de citer James Sacré, Alain Veinstein, Roger Laporte, Olivier Cadiot, Paul Louis Rossi, mais aussi des poètes étrangers... d'Amérique latine, de Chine, de Corée... Vélimir Khlebnikov et Rosmarie Waldrop. Banana Split était vendue très peu cher, tirée à 500 exemplaires, dont 100 exemplaires étaient envoyés en services de presse, jamais aux mêmes journalistes d'une livraison à l'autre.

 

          

Alain Paire, page 228 de faire part, raconte ainsi Banana Split : « Un mode de présentation inaccoutumé, une matérialité pauvre, les plaisirs de la poste, de l'intempestif et du mémorieux, des alliances ponctuelles, des « mélanges adultères », des inconvenances, de l'hétérogène et de l'impatience, beaucoup d'appétence et de liberté caractérisent Banana Split. Une boutade relevée dans le courrier de Viton et Giraudon – lettre du 4 janvier 1984 – caractérise leur non-respect vis-à-vis des vaches sacrées qui pouvaient tenter de les intimider : ‘Nous ne sommes ni des censeurs ni des professeurs’ ».

Pour Liliane Giraudon, « faire une revue, ne va pas sans une prolétarisation, les revues sont des outils de pouvoir », « le partage des tâches y est un sujet très politique », « faire une revue, c'est un jeu, mais un jeu très sérieux », c'est « confronter à cette expérience des écrivains qui n'ont jamais publié en revues », « c'est travailler sur une texture vivante qui ne vient pas de soi », « ça demande un investissement complètement cinglé, ça demande du temps, de l'énergie ». Elle pense que « les revues qui publient des auteurs à la veille d'être en Pléiade sont des revues mortes », et qu'il faut « défendre une littérature moins visible que la littérature qui s'écrit avec l'espoir d'un retour sur investissement ». Et encore, que faire une revue, c'est se confronter à « l'épreuve de l'étranger », aussi fait-elle sienne la phrase d'Haroldo de Campos, « À défaut d'un prolétariat international, [créons] un poétariat international ». La réception des revues lui importe beaucoup, « une revue ne fait pas le même travail sur le lecteur qu'un livre », ainsi que la dimension collective des revues, « on peut faire une revue seul, et c'est différent de faire une œuvre, c'est aussi une façon d'être ensemble ». Elle a conclu sur ces mots : « les revues sont l'un des muscles de la littérature... j'espère que l'histoire des revues va se poursuivre... si les revues disparaissent, la littérature disparaît ».

Restez avec nous, Liliane Giraudon, et lisez ce qu'Éric Houser écrit page 99 de faire part : « Quand je l'ai lue la première fois, c'était dans un train, un TGV Paris Bordeaux ou l'inverse. À l'époque, j'habitais Bordeaux. J'ai eu tout de suite envie de lui écrire, de 'prendre contact'. Pourquoi ? Mais parce que ce que je lisais me bousculait, m'exaltait, me rendait léger comme une plume, grave comme une pierre au fond d'un ruisseau. Il y avait la vitesse, important la vitesse, s'agissant de la lecture des livres de Liliane Giraudon. Quelqu'un a parlé de petites fusées à propos du dernier livre de Jean-Jacques Viton, je reprends l'image des petites fusées pour les livres de Liliane. Ou plutôt, des feux allumés en continu, des feux de joie. Pas des pétards, quelque chose qui crépite. C'est ça. Et cette lecture me transmet, m'a transmis dès la première fois, quelque chose d'énergique, d'énergétique. »

 

Catherine Goffaux

 

 

La revue faire part est disponible à la librairie Le Bal des ardents (17 rue Neuve 69001 Lyon)

Contact de la revue : faire part - Le Village, 1440 route de Vals-le-Bains 07160 Mariac
04 75 29 41 36 - 06 86 41 97 77 / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

 

 

 

CYCLE "EN REVUES" A LA LIBRAIRIE LE BAL DES ARDENTS

 

"Une creative method accidentée" - Dossier Liliane Giraudon
La revue Faire part consacre son n° 36-37 à l'écrivain, poète, traductrice et responsable de revues Liliane Giraudon.





En collaboration avec la librairie Le Bal des ardents, l'association Livraisons aura le plaisir d'accueillir Liliane Giraudon et deux membres du comité de rédaction de la revue Faire part (Alain Chanéac et Jean-Gabriel Cosculuella) pour fêter la parution de ce riche numéro de près de 300 pages. Un libre parcours dans le sommaire du numéro, ponctué de temps de lecture, permettra de mieux faire connaître l'oeuvre littéraire à multiple dimensions de Liliane Giraudon et de revenir sur son parcours en femme de revues.

 

Jeudi 26 octobre 2017 à 19 heures
Librairie Le Bal des ardents 17 rue Neuve 69001 Lyon

 

Entrée libre

 

 

 

UN ENTRETIEN SUR LA RELATION DE LILIANE GIRAUDON
AU MEDIUM REVUE

 

LILIANE GIRAUDON PARLE DE L'UN DE SES DERNIERS TEXTES
PARUS CHEZ P.O.L

 

 

 

 

 

par Catherine Goffaux

 


Jérôme Duwa, interrogeant Michel Crépu lors de la soirée d'inauguration du Festival de la revue, a ménagé un va-et-vient constant, des livres qu'il a écrits à sa considérable expérience de revuiste (dans le dernier de ses livres, Vision de Jackie Kennedy au jardin Galliera, le narrateur travaille dans une revue littéraire), à des propos sur les revues qu'il a dirigées (La Revue des Deux Mondes, et depuis 2015, la NRF), sans oublier son travail critique (pour Esprit, quand il était étudiant, puis pour La Croix, L'Express). Traces de ce dialogue en sept infinitifs.

 

     

 

Dans le cadre du cycle consacré aux revues, organisé par Livraisons. Des revues en Rhône-Alpes et la Librairie Le Bal des ardents, présentation du numéro 14 de la revue Hippocampe (littératures, réflexions, arts visuels), et en particulier du dossier consacré au poète, traducteur et éditeur Emmanuel Hocquard.

 

Jeudi 22 juin 2017 à 19 heures
Librairie Le Bal des ardents 17 rue Neuve 69001 Lyon

 

Avec Anne Maurel, écrivain, membre du comité de rédaction de la revue et coordinatrice du dossier ; et David Lespiau, contributeur du dossier, qui travaille actuellement à l'établissement des "Cours de Pise" d'Emmanuel Hocquard en vue de leur publication.