Livraisons a interrogé Jean-Paul Morin, responsable de la Poéthèque...

 


Pourquoi cette double appellation, Cave littéraire et Poéthèque ?

Il n'y a pas double appellation mais complémentarité. La Poéthèque était, à l'origine, la bibliothèque de recueils et de revues essentiellement poétiques de l'association La Cave littéraire, dont les documents servaient à préparer ou à prolonger les lectures publiques organisées dans le cadre de « Rendez-vous poétiques » mensuels ou bimestriels.

Créée en 1983, dans le département de l'Isère, La Cave littéraire, en tant qu'organisatrice de lectures publiques, s'est trouvée, trois ans plus tard, avoir la même mission que La Maison de la Poésie Rhône-Alpes de Saint-Martin d'Hères, créée dans le même département en 1986. Les bonnes relations entre les deux structures les conduisent alors à partager leurs fonds documentaires : La Maison de la Poésie R.-A. se constitue une bibliothèque de recueils poétiques, La Cave littéraire, une bibliothèque de revues poétiques, les deux associations se rétrocédant qui les recueils, qui les revues, sur la base de l'ébauche d'un protocole de réciprocité.

Aujourd'hui, le terme « Poéthèque », tout en gardant sa vocation initiale, mais exclusivement en ce qui concerne les revues, recouvre un champ documentaire étendu aux revues culturelles littéraires au sens très large, les frontières étant souvent floues, selon les revues, et parfois au sein d'une même revue. « Poéthèque » est, il faut l'admettre, devenu un terme un peu restrictif par rapport à l'actuel fonds réel.


Depuis quand la Poéthèque existe-t-elle ?

La Poéthèque, en tant que bibliothèque de revues poétiques et/ou littéraires, est véritablement sortie du giron de la bibliothèque associative en 1993, dans la mesure où la documentation recueillie n'était plus dépendante de la programmation des « Rendez-vous poétiques » et des auteurs invités.
Elle a commencé à s'étoffer à l'arrivée du Minitel 3615, qui a permis d'inscrire sur le réseau le premier catalogage de la Poéthèque. Tout s'est ensuite précipité avec l'arrivée d'Internet, dans les balbutiements inévitables des débuts.


Combien de revues la Poéthèque réunit-elle ?

A ce jour, septembre 2015, elle détient près de 50 000 numéros de revues, recouvrant 2 800 titres différents, de 1678 (Le Mercure galant) à aujourd'hui.


Dans quels domaines ?

La Poéthèque se limite aux revues culturelles en priorité littéraires et/ou poétiques. Elle possède, cependant, quelques collections ne traitant de littérature que de façon ponctuelle.


Comment les récoltez-vous ?

Nous les récoltons principalement grâce à trois sources :

- Les services de presse de chaque revue, en contrepartie du service rendu sur le Net par la Poéthèque, les revues ignorant souvent les outils que nécessite la mise à jour quotidienne d'une base de données ; l'infrastructure technologique et le suivi des sommaires sont de véritables services rendus aux revues, d'où cette contrepartie en services de presse.

- Les dons de revues par des particuliers ou des auteurs (Christian Prigent, Jean-Pierre Faye, Jean-Pierre Verheggen, Bernard Noël, Patrick Dubost, Claude Seyve, Jacques Ancet, etc., nous ont offert des revues auxquelles ils ont ou non collaboré).

- Les désherbages de bibliothèques municipales ou universitaires.


Comment votre site se présente-t-il ?

La récolte documentaire d'envergure résulte du fait que La Poéthèque offre sur Internet une base de données inédite des sommaires de toutes les revues qu'elle réceptionne sur une seule et unique page de site, sans avoir besoin de consulter individuellement le site de chaque revue.

Par son moteur de recherches, cette base permet d'extraire toutes les occurrences relatives à un auteur, à un thème, à une revue. Particulièrement efficace, elle permet, par exemple, de découvrir des revues complètement inconnues à travers la recherche par nom d'auteur. 


Comment assurez-vous leur conservation ?

La commune de Villefontaine a aménagé un local d'archives (sans fenêtre), sur rayonnages mobiles, de 1 000 mètres linéaires – dont les conditions hygrométriques sont d'ailleurs à améliorer.


Comment assurez-vous la promotion de la Poéthèque ?

C'est le maillon faible de la structure. Sa promotion s'effectue petit à petit, par les revues elles-mêmes, et grâce à quelques sites spécialisés comme Ent'Revues, Revues-litteraires.com, le SUDOC, Isère-Porte-des-Alpes...


Travaillez-vous en lien avec d'autres associations ? d'autres institutions ?

Le désherbage au quotidien proposé par Euroback ouvre, au fil des années, des relations privilégiées avec un certain nombre de bibliothèques municipales ou universitaires. L'IMEC reste un partenaire précieux. Nous comptons aussi beaucoup sur le partenariat de Livraisons-des-revues en-Rhône-Alpes.


Quels sont vos soutiens ? 

Deux institutions s'inscrivent dans le soutien spécifique à la Poéthèque : le Conseil départemental de l'Isère, la commune de Villefontaine. En revanche, faute d'avoir le temps de se consacrer aux dossiers de demande d'aide, la Poéthèque n'est pas soutenue par le CNL, la DRAC, la Région.

 

Comment envisagez-vous l'avenir de la Poéthèque ?

Comment assurer la pérennité d'un tel outil ? C'est bien la question la plus importante de notre propos. Il est évident que le concept de Poéthèque à travers Internet est remarquable – elle est la seule structure à offrir une telle base de données – mais il convient de l'améliorer, bien sûr. 

 



Consulter la base de donnée de la Poéthèque

Lire la lettre d'information de Livraisons n°2 (janvier 2015) qui présentait la Poéthèque

 

Livraisons. Des revues en Rhône-Alpes invite les responsables de revues à envoyer régulièrement leurs publications à la Poéthèque afin d'enrichir ce fonds exceptionnel :
La Poéthèque c/o Jean-Paul Morin, Espace Jacques Prévert 90 avenue de la Verpillère 38090 Villefontaine.