Entretien réalisé par Alain Paire le 10 décembre 2014.

 

Cet automne, paraissaient chez Honoré Champion les deux tomes du Dictionnaire des revues littéraires au XX° siècle. J'ai eu la joie de participer à ce dictionnaire dans les notices consacrées  à quatre revues, L'Arc, Argile, L'Ephémère et L'Ire des Vents. En novembre 2014, le site Poezibao de Florence Trocmé publiait les réponses au questionnaire que j'avais envoyé par mail au responsable de cette publication, Bruno Curatolo dont il faut saluer le magnifique travail. 

 

A. P.: Bruno Curatolo, vous êtes enseignant-chercheur à l'université de Franche-Comté Besançon. Votre bibliographie qui figure sur ce lien mentionne des titres à propos de Raymond Guérin ou de Paul Gadenne, une édition critique de la correspondance André Beucler / Léon-Paul Fargue, des publications à propos de l'imaginaire des philosophes ainsi que la co-direction d'un colloque sur la Revie littéraire des romanciers oubliés.
Avec votre ami Jacques Poirier, vous aviez publié en 2002 aux Editions universitaires de Dijon un premier ensemble, les actes d'un autre colloque, Les revues littéraires au XX° siècle. Avant d'aborder le grand travail que vous avez coordonné, voulez-vous nous dire de quand procède votre intérêt pour les revues ? Quel espace occupent-elles dans vos propres recherches, voire dans vos "loisirs" personnels. Quelles sont les revues que vous préférez, en êtes-vous collectionneur ?

B. C.: Mon intérêt pour les revues littéraires est lié à mon travail de chercheur depuis le milieu des années 80 : m’étant fait une spécialité des auteurs oubliés ou méconnus, la ressource première pour accéder aux textes est la revue, quand tout ou presque tout est épuisé en librairie et même sur le marché de l’occasion. Le début de mes recherches a coïncidé avec la remise à l’honneur de l’histoire littéraire à l’université, sous l’impulsion notamment d’Antoine Compagnon et Michel Murat (Paris-Sorbonne) : un livre, publié aux PUPS en 2013, L’histoire littéraire des écrivains où j’ai consacré un chapitre aux revues, fait la synthèse de ces presque trente années d’effort pour retrouver l’histoire dans le champ des études littéraires.

Il est évident que les revues accompagnent tout mon travail de recherche, à titre principal ou secondaire, mais il faut préciser que l’accessibilité des collections, en France, n’est pas simple : c’est pourquoi j’ai beaucoup fréquenté la Bibliothèque Cantonale et Universitaire de Lausanne où tout un étage est dédié aux revues, en collection intégrale et en accès direct. À titre de loisir, je lis des revues d’associations d’auteurs auxquelles j’adhère, sans souci professionnel. Pour le passé, mes revues préférées sont Le Divan, La NRF, bien sûr, Commerce, La Table ronde, La Parisienne ; aujourd’hui, j’aime toujours Europe et sais gré à Jean-Baptiste Para pour son dévouement, Roman 20/50, revue universitaire publiée à Lille, de très grande qualité, les Cahiers Valery Larbaud, édités à Clermont-Ferrand, les Cahiers du Temps qu’il fait de notre ami Georges Monti (le dernier, paru cette année, est consacré à Jean-Loup Trassard), Capharnaüm aux Editions Finitude à Bordeaux, Théodore Balmoral, j’en oublie… J’aimais beaucoup Plein Chant, qui a paru aux éditions du même nom pendant une trentaine d’années jusqu’en 2008.

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