LIVRAISONS. Festival de la revue -  4ème édition

DU 26 au 29 avril 2018 - 4 jours, 4 lieux à Lyon

Musée des Beaux-Arts - Bibliothèque de la Part-Dieu 
Musée d'Art contemporain - Le Périscope

 

LECTURES / SPECTACLE / DIALOGUES / CONFERENCES / PERFORMANCES / CARTES BLANCHES

ESPACE LIBRAIRIE : "LE PLAISIR DU TEXTE" - NEUF ET OCCASION - FABRICE SIVIGNON

 

 

L’essor des techniques numériques a considérablement bouleversé l’accès du citoyen au savoir et a modifié en profondeur ses façons de s’informer et de débattre. Le réseau induit de nouvelles formes de communication, ultra rapides, et une circulation horizontale des idées, rhizomique. Dans ce nouveau contexte, qui donne l’apparence d’un accroissement des principes démocratiques, les géants du Web, incarnés par les GAFA, mènent un combat agressif pour gérer les données personnelles des utilisateurs d’Internet, et perfectionnent des algorithmes hiérarchisant les données selon des critères d’audience et donc de monétisation. En parallèle, les revues, situées dans une économie et un écosystème spécifiques, résistent bien à cette vague numérique, d’où leur légitimité accrue. Celles qui ont fait le choix de la dématérialisation ont su trouver des niches au sein d’Internet pour échapper à la normalisation, et font preuve d’une remarquable inventivité. Quant aux revues qui continuent à publier des livraisons papier - elles n’ont jamais été aussi nombreuses qu’aujourd’hui -, elles défendent un autre rapport au temps, prennent du recul, adoptent une distance critique : ce sont des plateformes d’élaboration de la pensée et de la création qui répondent à une attente.

En 2018, le Festival de la revue se déploie à nouveau dans quatre lieux culturels complémentaires, représentatifs du large spectre thématique et disciplinaire abordé par les revues - littératures, arts, sciences humaines et sociales -, ainsi que de leur caractère hybride et singulier, puis de leurs qualités intellectuelles et visuelles : le Musée des Beaux-Arts, la Bibliothèque municipale, le Musée d’Art contemporain et le Périscope. Qu’elles soient spécialisées ou transversales, expérimentales ou historiques, collectives ou uninominales, aux titres programmatiques ou énigmatiques, toutes se vouent à l’approfondissement, à l’exploration et à la médiation. De Mai 1968 à Arte Radio, de Marcelin Pleynet à Nathalie Quintane, des musiques contemporaines à l’histoire de Souffles, cette 4e édition réserve de beaux moments de partage et d’échange en compagnie des revues.  


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LIVRAISONS. Festival de la revue -  4ème édition

DU 26 au 29 avril 2018 - 4 jours, 4 lieux à Lyon

Musée des Beaux-Arts - Bibliothèque Part-Dieu 
Musée d'art contemporain - Le Périscope

 

 

Marcelin Pleynet invitée de la soirée inaugurale

Le plus court chemin de Tel Quel à L’Infini 

 

En dialogue avec Pascal Boulanger

Lectures par Anne Alvaro

 

Jeudi 26 avril 2018 à 19 heures 30
Musée des Beaux-arts 20 place des Terrreaux 69001 LYON
Entrée libre

 

Le plus court chemin de Tel Quel à L’Infini : tel est le titre de l’un des neuf volumes, publié en 1997, du Journal littéraire de Marcelin Pleynet, qui a participé à l’aventure des deux grandes revues, l’une décisive pour l’histoire littéraire, Tel Quel (94 numéros de 1960 à 1982), la seconde encore active, L’Infini (142 numéros de 1983 à aujourd’hui), suivies de deux collections éponymes considérables (« Tel Quel », 73 titres, et « L’Infini », 224 titres). D’une part, L’Infini s’est opposé à Tel Quel en renonçant au projet révolutionnaire dont la revue se réclamait au temps du structuralisme, de l’écriture textuelle et du matérialisme sémantique. Mais par ailleurs, par ce renoncement même, L’Infini rend possible la reprise, la relève de ce même projet – poétique, philosophique et politique – sous la forme nouvelle qu’appelle l’époque actuelle. Quant aux relations entre revue et collection, elles ont établi un modèle sans doute assez unique dans le champ de la littérature contemporaine. Héritier de Rimbaud et de Lautréamont, auxquels il a consacré des études, Marcelin Pleynet a été l’un des premiers écrivains à être publiés dans ces deux collections, avec Provisoires amants des nègres, son premier recueil poétique, en 1962, Paysages en deux suivi de Les Lignes de la prose, en 1963, et avec Fragments du choeur – vers et proses, en 1984. Poète, romancier, diariste, essayiste et critique d’art, il a confié de très nombreuses contributions à des dizaines de revues tout au long de ces soixante dernières années. Ce dialogue permettra de retracer sa trajectoire littéraire et intellectuelle en compagnie des revues, depuis l'expérience d'Ecrire à la fin des années 1950, et de parcourir sa très riche bibliographie avec, en toile de fond, le "dégagement rêvé" rimbaldien. Le Musée des Beaux-Arts est un écrin privilégié pour écouter l’auteur de L’Enseignement de la peinture (1971), d’Art et Littérature (1977), de Situation de l’art moderne : Paris-New York (1978), et de Les Etats-Unis de la peinture (1986), critique engagé, proche de Support-Surface, qui favorisa le dialogue entre l’art américain et européen. 

 

Rencontre ponctuée par les lectures de la comédienne Anne Alvaro

 

 

 

 

Marcelin Pleynet (1933) a publié une quinzaine de recueils de poésie, de multiples essais sur l’art et la littérature, six romans et neuf volumes de son Journal littéraire. Il a été directeur gérant et secrétaire de rédaction de Tel Quel de 1963 à 1982 (éditée par le Seuil). Il est devenu en 1983 secrétaire de rédaction de L’Infini dirigée par Philippe Sollers (publiée par Denoël, puis par Gallimard). Il a occupé la chaire d’esthétique de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris de 1987 à 1998 : les éditions de l’école ont d’ailleurs publié en 2012 ses Essais et conférences de cette période d’enseignement. Art press a édité en 2017, dans sa collection « Les grands entretiens », une dizaine d’entretiens donnés par Marcelin Pleynet à la revue entre 1973 et 2005. En 2008, il a co-signé avec Florence D. Lambert un film consacré à sa vie et à son oeuvre, Vita Nova. La lecture de son Journal intime prouve, comme il le dit lui-même, que la vie d’un écrivain n’est jamais riche que de malentendus. 

 

Pascal Boulanger est poète et critique littéraire. Il a coordonné le numéro 9/10 de la revue La Polygraphe (octobre 1999) consacré, en partie, à Marcelin Pleynet. Il s'est entretenu avec lui au sujet de Rimbaud dans le magazine artpress en 2005 (numéro 312) et il lui a consacré un long article : « Pleynet en son temps » dans le numéro de la revue Faire Part intitulé « Itinéraires de Marcelin Pleynet » en 2012 (numéro 30/31). Pascal Boulanger a collaboré à de nombreuses revues dont Action poétique, Art Press, CCP, Europe, La Polygraphe... Derniers livres publiés : Confiteor : carnets (Librairie éditions Tituli), Guerre perdue (éditions Passage d'encres), et Mourir ne me suffit pas (Editions de Corlevour). Les éditions Tinbad publieront en octobre prochain une anthologie critique de ses recueils poétiques.

 

 

 

 

par Olha Mazur et Solène Girault

  

La parution presque simultanée, à la fin de l’année dernière, du sixième numéro des Cahiers Benjamin Péret, du livre de Benjamin Péret : Les Arts primitifs et populaires du Brésil aux éditions du Sandre et de la correspondance entre Benjamin Péret et André Breton (1920-1959) éditée par Gérard Roche chez Gallimard, a inspiré à l’association Livraisons l’idée d’une rencontre autour de la figure de Benjamin Péret, poète surréaliste.

La librairie Le Bal des ardents a donc accueilli mercredi 31 janvier 2018 quelques acteurs ayant participé à l’élaboration de la dernière livraison des Cahiers Benjamin Péret : Gérard Roche, président de l'association des Amis de Benjamin Péret, l’écrivain,  cinéaste et critique d'art marseillais Alain Paire, ainsi que Karla Segura Pantoja, chercheuse spécialiste de l'exil mexicain des surréalistes. Ils ont évoqué l’arrivée de Péret à Marseille en 1941, son exil au Mexique et l’importante correspondance que lui-même et André Breton ont échangée. La rencontre a été émaillée par la lecture de lettres et de poèmes par la comédienne Coralie Mangin.


par Christian Rosset

  

Compositeur, musicien, essayiste et producteur radiophonique, notamment à France Culture avec qui il collabore depuis 1975, Christian Rosset revient ici sur les liens intenses qui unissaient le collectif Change, la revue éponyme et les Ateliers de Création Radiophonique. L'extrait que nous vous donnons à lire ici en pré-publication est tiré d'un livre de Christian Rosset, Les Voiles de Sainte-Marthe, à paraître en juin prochain chez Hippocampe éditions.

 

 

Un mot sur ce collectif Change : j’en découvre l’existence en juillet 1975 quand, cherchant à rompre l’ennui des vacances d’été et pour cela fouinant les rayons d’une petite librairie en bord de mer, je tombe sur deux numéros de la revue, le 20 (qui m’intrigue car on y trouve un texte-partition de Jean-Yves Bosseur, musicien alors fraîchement rencontré et déjà inconsciemment désigné comme futur allié indéfectible) et le 23 ("Monstre poésie" qui me fait découvrir d’un coup une bonne dizaine de poètes avec qui j’allais collaborer un peu plus tard dans le cadre des Ateliers de Création). Le numéro suivant, le 24 (celui d’octobre 1975), s’intitule "Mouvement du change de formes et transformationnisme". Il est composé d’une suite de manifestes rédigés plus ou moins collectivement dans la "grande tradition". Enthousiasme immédiat. Le "lieu d’échanges" déjà pensé, dessiné, cartographié et prêt à devenir matière à expériences sonores, musicales, radiophoniques, trouvera sa place dans l’espace déployé du transformationnisme !      

Au moment de ma rencontre avec Change, le collectif est composé de Philippe Boyer, Jean-Pierre Faye, Jean-Claude Montel, Jean Paris, Didier Pemerle, Léon Robel, Mitsou Ronat, Paul Louis Rossi Jacques Roubaud et Saul Yurkievich. Avec la moitié d’entre eux – Faye, Montel, Pemerle, Rossi, Roubaud –, s’établiront des collaborations sur de longues durées (plusieurs décennies), principalement pour l’A.C.R., mais aussi les Nuits Magnétiques, le Programme Musical et À voix nue (du temps de l’analogique). Les liens entre l’Atelier de Création Radiophonique et le collectif étaient déjà forts (Accusés de réception en 1976, produit par Jean-Yves Bosseur et, en 1977, la semaine précédant la diffusion d’Entailles…, Les voi(x)(es) du Change, produit par René Farabet, etc.). Ils se sont encore renforcés, après l’éclatement du collectif en 1979, suite à mon obstination à accorder de vastes espaces de création sonore à ces écrivains qui n’ont jamais rien lâché de ce qui alimentait, tant intellectuellement que viscéralement, leur projet d’origine, passant du "nous" au "je", non sans mélancolie, et creusant obstinément leur sillon – de plus en plus à l’écart des chemins balisés de la culture officielle. 

 

Journée pro Livraisons

Lundi 5 février 2018 - Villa Gillet / ARALD - Lyon

 

 

Pour la 2e année consécutive, l'association Livraisons. Des revues en Rhône-Alpes organise le 5 février 2018 une demi-journée professionnelle dédiée aux bibliothécaires, libraires et médiateurs du livre, en partenariat avec l'Arald. Au programme : présentations de revues, de ressources et d'outils dédiés, suivies d'un dialogue avec André Chabin autour de l'écosystème de la revue en 2018 et d'une rencontre avec Hubert Haddad.